| Les Empreintes Digitales de Ben Popp, nouvel album | |
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Ben Popp sur nos platines. Le Stakhanov de l’autoproduction, l’artiste le plus prolifique de la scène alternative ne nous avait pas habitués à un tel silence. On se perdait alors en conjectures… Avait-il décidé de se « retirer de la vie musicale » comme d’autres de la politique en avril 2002 ? De quitter la société moderne pour vivre en ermite dans sa campagne ardéchoise ? D’entrer dans les ordres ? On était sur le point de lancer un avis de recherche lorsqu’on nous annonça la sortie de son dernier album : « Empreintes digitales » qui nous rassura totalement : Ben Popp était là, bien là même, et de quelle manière ! Doit-on parler de « dernier » album d’ailleurs ou de « véritable premier » opus ? On retrouve peu ou prou le même nombre conséquent de chansons (quatorze), la même veine créatrice, la variété de styles habituelle (rock, reggae, chanson, country), l’ironie mordante et familière, la poésie coutumière des textes. Alors, quoi de neuf Docteur ? Rien… et tout. Car dès le premier titre, on perçoit immédiatement le changement : De « vrais » instruments, joués par de vrais humains, un son d’ensemble parfaitement équilibré, des arrangements subtils et efficaces… Que s’est-il donc passé ? Après une longue enquête, nos fins limiers ont retrouvé le coupable : Christian Morfin, arrangeur, producteur, musicien et ingénieur du son qui réussit à magnifier magistralement les compositions du néo-lyonnais. Est-ce à dire que les précédents albums relevaient plus de la démo comme qualifiés sur son site ? Certes non, mais plus minimalistes certainement (à l’exception peut-être de « Septembre », co-réalisé par Silerêves). On sent que pour « Empreintes digitales », Ben Popp a pris tout son temps et mis les moyens nécessaires à peaufiner la production. Les chansons, au style incomparable, sont toujours là, mais elles prennent une toute autre ampleur grâce aux nouveaux musiciens tout d’abord, au son et aux arrangements bien sûr, mais aussi à l’interprétation et au traitement de la voix beaucoup plus variés qu’à l’accoutumée. Le terme « d’album de la maturité » est parfois galvaudé. Il prend tout son sens ici, tant l’on sent que l’artiste a franchi une étape significative dans sa carrière. Ce n’est peut-être pas un hasard d’ailleurs, puisqu’il a quitté sa nature ardéchoise pour rejoindre la capitale des Gaules et tourne régulièrement avec sa nouvelle équipe depuis. On ne peut que conseiller d’acquérir « Empreintes digitales ». A ceux qui suivent Ben Popp tout d’abord, car ils seront bluffés par la qualité du travail tout en retrouvant sa « patte » familière, et à ceux qui ne le connaitraient pas encore car cet album va inévitablement devenir un incontournable de l’autoproduction française. | |
Par Eric | le 07/02/2010 à 09h08 |